La Table à Roland, Percé

Dans: Légendes gaspésiennes
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Le beau Roland, passionné des jeux de hasard, avait un jour gagné aux dés tout l’avoir de l’un de ses amis. Ce dernier ayant mal pris la chose, le menaça de reprendre son bien… par la force si nécessaire.

Alors, Roland quitta la France et vint tenter sa chance en Amérique. Débarqué à Percé, il trouva fort peu de partenaires parmi les pêcheurs. Un soir qu’il se promenait sur la grève, rêvant d’une partie de dés, un homme vêtu d’un grand manteau noir marcha vers lui. Les deux hommes, en quête de distraction, se mirent d’accord pour jouer aux dés. Ne pouvant lancer les dés sur les cailloux, l’inconnu désigna au loin une table qui ferait l’affaire: le sommet du mont Sainte-Anne.

Comme c’était très haut, l’étranger dit à Roland «Accrochez-vous à mon manteau et vous monterez là-haut sans vous en apercevoir.» Tel que promis, ils se retrouvèrent sur le sommet de la montagne.Roland avait rencontré un partenaire de taille. Tour à tour, il perdit ses pièces d’or, sa barque, son champ, la maison où habitait sa mère, ainsi que la montre laissée en souvenir par son père. L’homme en noir proposa alors une dernière partie. Ruiné, quel pouvait donc être l’enjeu? «Nous jouerons en trois coups: votre âme contre mon gain!» Alors Roland comprit qu’il avait joué avec le diable.

Il venait de perdre le premier coup lorsqu’une ombre s’interposa entre les deux joueurs et demanda à Roland: «Me permettez-vous de jouer à votre place?» N’ayant plus rien à perdre, il accepta et, comme par miracle, les deux autres coups favorisèrent le nouvel inconnu. «Qui êtes-vous cria le diable?» «Un soir, dans une rue de La Rochelle, j’étais affamé et épuisé. Ce jeune homme m’hébergea et me nourrit…» Et se tournant vers Roland, qui croyait rêver «Que cette aventure vous serve de leçon!» Ne jouez plus et soyez toujours pitoyable aux miséreux. Aussitôt dit, il disparut dans le brouillard qui avait commencé à envahir l’endroit où ils étaient. Le diable comprit qu’il n’avait pas joué avec un pauvre, mais avec son pire ennemi. Il s’enfuit rapidement, laissant derrière lui, les pièces d’or de Roland!

C’est depuis ce temps que la dalle de pierre, au sommet du Mont Sainte-Anne, porte le nom de «Table à Roland».



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